.le calendrier
2009/2010
des formations
à la pédagogie montessori.
modulables
toute
l' année.
.
pour adultes
avec
ou sans
diplôme,
des
bases
vers
la maitrise.


C'est
au sein de la Société des Nations (SDN )
qu'a été rédigée
puis adoptée,
le
26 septembre 1924,
la
première Déclaration
des Droits
de l'Enfant.

Préambule :
Par la présente Déclaration des droits de
l'enfant,
dite déclaration de Genève, les hommes et les
femmes
de toutes les nations reconnaissent que l'humanité doit
donner
à l'enfant ce qu'elle a de meilleur, affirmant leurs
devoirs, en dehors de toute
considération de race,
de nationalité,
de croyance.

Article 1
L'enfant doit être mis en mesure de se développer
d'une façon normale, matériellement
et spirituellement.

Article 2
L'enfant qui a faim
doit être nourri ;
l'enfant malade
doit être soigné ;
l'enfant arriéré
doit être encouragé ; l'enfant
dévoyé
doit
être ramené ;
l'enfant orphelin
et l'abandonné
doivent être recueillis
et secourus.

Article 3
l'enfant doit être le premier à recevoir des
secours
en cas de détresse.

Article 4
L'enfant doit être mis en mesure de gagner sa vie
et doit être protégé
contre toute exploitation.

Article 5
L'enfant doit être élevé dans le
sentiment
que ses meilleures qualités devront être
mises au service
de ses frères.
   
Déclaration
des droits de l'enfant
20 novembre 1959
Principe
premier :
L'enfant doit jouir de tous les
droits énoncés dans la présente
Déclaration. Ces droits doivent
être reconnus à tous les enfants sans exception
aucune, et sans
distinction ou discrimination fondées sur la race, la
couleur, le
sexe, la langue, la religion, l es opinions politiques ou autres,
l'origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance, ou sur
toute autre situation, que celle-ci s'applique à l'enfant
lui-même
ou à sa famille.

Principe
2
:
L'enfant doit bénéficier
d'une protection spéciale et se voir accorder des
possibilités et
des facilités par l'effet de la loi et par d'autres moyens,
afin
d'être en mesure de se développer d'une
façon saine et normale sur
le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des
conditions de liberté et de dignité. Dans
l'adoption de lois à
cette fin, l'intérêt supérieur de
l'enfant doit être la
considération déterminante.

Principe
3 :
L'enfant a droit, dès sa
naissance, à un nom et à une
nationalité.
Principe
4 :
L'enfant doit bénéficier de
la sécurité sociale, il doit pouvoir grandir et
se développer
d'une façon saine; à cette fin, une aide et une
protection
spéciales doivent lui être assurées
ainsi qu'à sa mère,
notamment des soins prénatals et postnatals
adéquats. L'enfant a
droit à une alimentation, à un logement,
à des loisirs et à des
soins médicaux adéquats.

Principe
5 :
L'enfant physiquement,
mentalement ou socialement désavantagé doit
recevoir le traitement,
l'éducation et les soins spéciaux que
nécessite son état ou sa
situation.
Principe 6
:
L'enfant, pour l'épanouissement
harmonieux de sa personnalité, a besoin d'amour et de
compréhension.
Il doit, autant que possible, grandir sous la sauvegarde et sous la
responsabilité de ses parents et, en tout état de
cause, dans une
atmosphère d'affection et de sécurité
morale et matérielle;
l'enfant en bas âge ne doit pas, sauf circonstances
exceptionnelles,
être séparé de sa mère. La
société et les pouvoirs publics ont
le devoir de prendre un soin particulier des enfants sans famille ou
de ceux qui n'ont pas de moyens d'existence suffisants. Il est
souhaitable que soient accordées aux familles nombreuses des
allocations de l'État ou autres pour l'entretien des
enfants.
Principe 7 :
L'enfant
a droit à une éducation qui doit être
gratuite et obligatoire au
moins aux niveaux élémentaires. Il doit
bénéficier d'une
éducation qui contribue à sa culture
générale et lui permette,
dans des conditions d'égalité de chances, de
développer ses
facultés, son jugement personnel et son sens des
responsabilités
morales et sociales, et de devenir un membre utile de la
société.
L'intérêt supérieur de l'enfant doit
être le guide
de ceux qui ont la responsabilité de son
éducation et de son
orientation; cette responsabilité incombe en
priorité à ses
parents.
L'enfant doit avoir toutes possibilités de se livrer
à
des jeux et à des activités
récréatives, qui doivent être
orientés vers les fins visées par
l'éducation; la société et les
pouvoirs publics doivent s'efforcer de favoriser la jouissance de ce
droit.
Principe 8 :
L'enfant
doit, en toutes circonstances, être parmi les premiers
à recevoir
protection et secours.
Principe
9 :
L'enfant doit être protégé
contre toute forme de négligence, de cruauté et
d'exploitation, il
ne doit pas être soumis à la traite, sous quelque
forme que ce
soit.
|
L'embryon
spirituel
L'esprit
absorbant
Les périodes
sensibles
L'embryon spirituel
"L'embryon
spirituel", c'est le
nouveau-né,
considéré
comme un esprit enfermé dans
la chair pour venir au monde.
La science considère, au contraire, que ce nouvel
être vient du néant.
Il est alors chair, mais non esprit ; il n'est que le
développement de tissus
et d'organes qui composent un tout vivant. Cela aussi, est un
mystère.
Comment ce corps compliqué et vivant est-il venu
du néant ?
L'incarnation est le processus mystérieux d'une
énergie
qui anime le corps inerte du nouveau-né en lui donnant
l'usage de ses membres,
la faculté de la parole
et le pouvoir d'agir et de s'exprimer selon sa volonté ;
ainsi l'homme sera
incarné.
Chaque être qui vient au monde n'est pas seulement un corps
matériel :
il est doté de fonctions qui ne sont pas celles de ses
organes physiologiques ;
ce sont les fonctions qui dépendent de l'instinct.
L'homme
est comme l'objet fait à la main :
chacun est différent,
chacun a son propre esprit créateur
qui fait de lui une oeuvre
d'art de la nature.
Ce travail, à travers lequel se forme la
personnalité
humaine,
est l'oeuvre occulte de l'incarnation.
L'homme inerte est une
énigme.
La seule chose qu'on sache de lui, c'est qu'il pourra
tout ;
mais il n'est pas possible de savoir qui il sera,
ni ce que fera
le nouveau-né qui est devant nous.
Ce corps inerte contient tous
le mécanisme le plus complet de tous les êtres
vivants,
mais
il lui est propre ; l'homme n'appartient qu'à
lui-même.
Il faut qu'il s'incarne à l'aide de sa
propre
volonté.
L'enfant
possède une vie
psychique active même avant d'être en mesure de
l'exprimer
et dont il
lui faut élaborer, longtemps et dans le secret, les
réalisations
difficiles.
Et
cette conception nous fait percevoir une vérité
impressionnante :
celle d'une âme emprisonnée, obscure,
qui cherche à venir à la lumière,
à
naître, à croître
et qui va, peu à peu,
animer la chair inerte,
l'appelant avec le cri de la volonté,
se
présentant à la lumière de la
conscience avec
l'effort d'un être qui vient au monde. Rien n'est
préparé dans le milieu
pour accueillir ce fait magnifique
qu'est l'incarnation d'un homme ;
personne ne le réalise,
personne ne l'attend.
Le
nouveau-né doit donc entreprendre un travail de construction
qui,
sur le plan psychique, rapelle celui qui s'est
élaboré corporellement
pendant la période
embryonnaire.
Il est entré dans une période de vie qui
n'est plus celle de l'embryon physique
et qui n'est pas celle que
présentera l'homme issu de lui.
Cette période post-natale,
que l'on peut qualifier de "période formative",
est une
période de vie embryologique constructrice
qui fait que l'enfant
devient un embryon spirituel.
L'humanité
a donc ainsi deux
périodes embryonnaires :
l'une,
prénatale ; semblable
à celle des animaux ;
et une,
post-natale, exclusive à
l'homme.
On interprète, de cette façon, ce
phénomène qui distingue l'homme des animaux
;
sa longue
enfance.
C'est là que l'on trouve une barrière
très nette entre les animaux et l'homme,
c'est là que
l'homme se présente sur la terre comme un être
à
part
dont les fonctions ne sont ni une continuation
ni un
dérivé de celles que manifestent les animaux
supérieurs.
C'est un saut que fait la vie, l'entreprise de
destins nouveaux.
Il
s'agit donc d'une énergie, d'une dynamique
intérieure
qui
tend d'elle-même à se manifester,
mais reste enfouie parce
qu'elle est bloquée par les préjugés
universels.
C'est une "forme mentale" propre à l'enfance qui n'a jamais
été reconnue.
L'enfant,
au psychisme apparemment passif, ne serait-il pas un
"embryon"
dans
lequel se développent les organes et les pouvoirs psychiques
de
l'homme ?.
Un embryon où existent seulement des nébuleuses,
ayant la capacité de se développer
spontanément,
mais seulement en puisant dans l'environnement,
environnement si
varié à travers toutes les formes de
civilisation.
Voilà pourquoi l'embryon humain doit naître d'abord
pour
pouvoir ensuite s'achever et se développer ;
ses
potentialités doivent être stimulées
par
l'environnement.
L'enfant
n'est pas un adulte en miniature.
Il est,
d'abord et avant tout, le
détenteur d'une vie personnelle
qui a des
caractéristiques et un but spécifiques.
Le but de
l'enfant pourrait être résumé dans le
mot
"incarnation".
L'incarnation de la personnalité humaine doit se
réaliser en lui.
Le travail de l'enfant, entièrement
orienté vers cette incarnation,
a des rythmes et des
caractéristiques vitales
totalement différentes de ceux
de l'adulte.
C'est pourquoi il est le grand transformateur de son
milieu
et l'être social par excellence.
Le seul objectif de
l'embryon dans la matrice est d'atteindre le stade du
nouveau-né. C'est
la phase prénatale de la vie
humaine.
La gestation ultérieure de l'enfant n'est pas aussi rapide
que
celle qui a eu lieu dans le sein de sa mère.
Dans le
monde
extérieur, c'est en effet une nouvelle sorte de
gestation
qu'il
entreprend pour incarner un esprit
dont les
semences sont latentes et
inconscientes en lui.
Au cours de ce travail, dont il ne devient
conscient que progressivement
et qu'il réalise au moyen de ses
expériences au contact du monde extérieur,
l'enfant a
besoin de soins délicats. Il accomplit sa tâche
avec une
sagesse intérieure, guidé
par des lois analogues
à
celles qui guident toute autre tâche accomplie
dans la nature,
suivant des rythmes d'activité qui n'ont pas la moindre
ressemblance avec ceux de l'adulte
agressif porté
à la
conquête.
Supposons
maintenant
que les caractéristiques et les buts de la vie
indépendante de l'enfant
ne soient pas reconnus et que l'adulte
prenne ces carctéristiques,
différentes des siennes
à lui, l'adulte, pour des erreurs de la part de l'enfant
et
s'empresse de les corriger.
Alors une lutte va s'engager entre le plus
faible et le plus fort,
lutte cruciale pour l'humanité,
parce
que la bonne ou mauvaise santé psychique de
l'homme,
sa force ou
sa faiblesse de caractère,
la lumière ou
l'obscurité de son esprit dépendent de la
possibilité pour l'enfant
d'avoir eu ou non une vie spirituelle
calme et achevée.
Si, au cours de cette période
précieuse et délicate de sa vie,
l'enfant a subit une
forme sacrilège d'asservissement,
les germes de la vie qui sont
en lui deviendront stériles et il ne lui sera pas
possible,
plus
tard en tant qu'adulte, de mener à bien les grandes oeuvres
dont
la vie le chargera.
Bref,
la déficience, la faiblesse, la servitude et
l'arrêt de la
personnalité
sont toujours le résultat d'une
éducation
qui n'est qu'un affrontement aveugle entre le fort et
le faible.
Dans
notre propre expérience avec les enfants,
nous avons
observé que le petit de l'homme est un embryon spirituel,
doté
d'une mystérieuse sensibilité qui
le guide et
d'un dynamisme créatif
qui a pour
but de construire dans son
âme une sorte d'instrument merveilleux.
L'enfant est capable de
se développer
et de nous donner la preuve tangible d'une
humanité meilleure.
Chez lui, nous avons pu percevoir le
processus d'éducation de l'être humain normal.
L'enfant
est, pour l'humanité, à la fois un espoir et une
promesse,
ce qui nous est indispensable
c'est la foi dans la grandeur
et la supériorité de l'homme.
Qu'est-ce que l'adulte doit donc faire
face à cet embryon
spirituel ?
Il doit simplement lui permettre de faire par
lui-même ses propres conquêtes.
Si l'enfant n'a pas la
possibilité de faire usage de son intelligence, elle
s'atrophie. L'enfant a besoin d'avoir
quelque chose à faire,
de disposer
d'objets sur lesquels il puisse agir.
Mettre de tels objets à sa
portée, c'est créer un environnement sur lequel
il puisse
agir. Quand cet environnement doit-il être
créé
autour de lui ?
Dés que l'enfant commence à se mouvoir.
Généralement, les adultes empêchent
l'enfant
d'être actif
et pensent qu'ainsi ils le "forment".
L'adulte est
un dictateur.
Un dictateur veut que les autres obéissent
à sa volonté
et refuse de tenir compte de leur
personnalité.
Nous devons construire pour l'enfant un
environnement dans lequel il puisse être actif.
Les enfants
sont
normaux dans la mesure
où
ils peuvent se livrer aux
activités caractéristiques de leur
âge
et tout
enfant qui ne peut le faire devient anormal.
C'est
pourquoi nous avons
là un problème social fondamental.
L'éducation
doit commencer le jour de la naissance de l'enfant.
L'esprit absorbant
Si
je vous disais que sur une planète
où n'existe ni
école, ni maîtres, ni aucune
nécessité
d'étudier,
les habitants parviennent à connaître
toutes choses
et à fixer solidement dans leur cerveau la
connaissance entière,
rien qu'en vivant et en se promenant, sans
prendre la moindre peine,
cela ne vous paraîtrait-il pas un conte
de fées ?
Eh bien ! ce qui parait si fantastique que cela
semble
l'invention d'une imagination fertile, c'est un fait, c'est une
réalité,
puisque c'est la façon d'apprendre du
petit enfant inconscient.
C'est la voie qu'il suit. Il apprend tout
inconsciemment,
en passant, peu à peu, de l'inconscience à
la conscience,
avançant par un chemin tout de joie et d'amour.
Et
comment cela se passe t-il ? On dit bien : " Il se rapelle ce qu'il
entend" ;
mais, pour se rappeler, il faut avoir de la mémoire
et le petit enfant n'en a pas, il doit construire sa
mémoire.
Il
faudrait encore qu'il ait la capacité de raisonner
pour se
rendre compte qu'une phrase doit être construite pour
être
compréhensible.
Mais le petit enfant n'a pas cette
faculté ; elle n'est qu'en puissance.
Nous
pourrions dire que nous, nous acquérons les connaissances
avec
notre intelligence, alors que l'enfant les absorbe avec sa vie
psychique.
C'est
une espèce de chimie mentale qui s'opère en
lui.
Nous,
nous sommes comme des récipients
dans lesquels se
déversent les impressions : l'eau reste distincte du verre.
Au
contraire, l'enfant subit une véritable transformation :
non
seulement les impressions pénètrent dans son
esprit,
mais
elles s'incarnent en lui.
Le petit
enfant est l'ouvrier de sa propre
chair mentale,
se servant
de ce qu'il trouve dans son ambiance.
Nous
avons appelé son type d'esprit un "esprit absorbant".
Un
exemple nous est donné par le langage.
Le petit enfant ne se
rapelle pas les sons,
mais il les incarne et les prononcera ensuite
à la perfection.
Il parle selon les règles
compliquées, avec ses exceptions,
non parce qu'il les a
étudiées ni parce qu'il a fait des exercices de
mémoire ;
sa mémoire ne les retient pas consciemment ; et
pourtant,
ce langage devient partie inhérente de son psychisme
et de lui-même ;
sans aucun doute, il s'agit d'un
phénomène différent de la pure
activité de
la mémoire ;
il s'agit d'un caractère psychique
qui
distingue un des aspects de la personnalité du
petit enfant.
Il existe, chez lui, à l'égard de toutes
choses de son milieu,
une sensibilité absorbante,
et ce n'est
qu'en observant son milieu
et en l'absorbant que l'enfant peut
accomplir son adaptation ;
cette forme d'activité
révèle un pouvoir subconscient qui n'existe que
chez lui.
La
découverte que l'enfant est doué de cet esprit
absorbant
a produit une révolution en matière
d'éducation.
On comprend facilement maintenant pourquoi
la première
période du développement humain,
celle où se forme
le caractère, est la période la plus importante.
A aucun
âge de la vie, l'aide intelligente n'est plus
nécessaire
qu'à celui-là ;
car chaque
obstacle survenant alors
diminuera chez l'enfant
les
possibilités de perfectionnement
dans son oeuvre constructrice.
Les
mouvements que l'enfant conquiert ne se forment pas au hasard
;
ils sont déterminés par la période
particulière du développement où ils
ont
été acquis. Quand l'enfant commence à
se mouvoir,
son esprit, capable d'absorber,
a déjà fait sien son
milieu ;
avant même qu'il commence à se mouvoir,
un
développement psychique inconscient s'est produit en lui
;
il
commence à devenir conscient quand il commence ses premiers
mouvements. Observez un enfant de
trois ans,
vous verrez qu'il est tout
le temps en train de jouer avec quelque chose.
Cela signifie qu'il est
en train d'élaborer avec ses mains
et d'introduire dans sa
conscience
ce que son esprit inconscient a absorbé
précédemment.
A travers cette expérience dans le
milieu,
il examine sous forme de jeux, les objets et les impressions
qu'il en a reçues dans son esprit inconscient.
Il devient
conscient grâce au travail, et il construit l'homme.
Cet
esprit absorbant se construit non grâce à des
efforts
volontaires,
mais
guidé par des "sensibilités internes"
que
nous appelons les "périodes
sensitives",
car ces
sensibilités ne sont que temporaires, se maintenant juste le
temps nécessaire pour que la
nature accomplisse son
oeuvre.
Il
est évident qu'agit en lui un esprit dont les
capacités
sont trés différentes des nôtres.
Les
périodes sensibles
C'est
le savant hollandais De Vries
qui découvrit les périodes
sensibles chez les animaux ;
mais c'est nous, dans nos écoles,
qui avons retrouvé ces périodes sensibles dans la
croissance des enfants
et qui les avons utilisées du point de
vue de l'éducation.
Il s'agit
de sensibilités
spéciales, qui se trouvent chez les êtres en voie
d'évolution,
c'est
à dire dans les stades de l'enfance.
Elles sont
passagères et se limitent à
l'acquisition d'un
caractère déterminé.
Une fois ce caractère
développé, la sensibilité cesse.
Chaque
caractère se stabilise à l'aide d'une impulsion,
d'une
possibilité passagère.
La croissance n'est donc pas
quelque chose de vague,
une espèce de fatalité
héréditaire incluse dans les êtres
:
c'est un
travail minutieusement dirigé par des instincts.
Ces instincts
peuvent servir de guide,
puisqu'ils donnent l'élan à une
activité déterminée
qui peut parfaitement
être différente de celle qui
caractérisera
l'individu à l'état adulte.
Voilà
qui aide aussitôt à comprendre le point essentiel
de la
question
par rapport aux enfants : la différence entre une
poussée animatrice
qui conduit à accomplir des actes
merveilleux et stupéfiants,
et une indifférence qui rend
aveugle et malhabile.
L'enfant
fait des acquisitions pendant les périodes sensibles.
Celles-ci
pourraient se comparer à un phare qui éclaire la
nature
intérieure,
ou à un courant électrique qui produit
des phénomènes actifs.
C'est cette
sensibilité qui
permet à l'enfant
de se
mettre en rapport avec le monde
extérieur
d'une
façon exceptionnellement intense : tout
est facile, alors ;
tout est
pour lui enthousiasme et vie.
Chaque
effort est un accroissement de puissance.
Quand la période
sensible a disparu,
les conquêtes intellectuelles sont dues
à une activité réflexe,
à un effort de la
volonté,
et la fatigue provoquée par le travail
naît dans la torpeur de l'indifférence.
C'est en cela que
consiste la différence fondamentale, essentielle,
entre la
psychologie de l'enfant et celle de l'adulte.
Les
périodes sensibles jettent une lumière sur
beaucoup de
caprices d'enfants,
les caprices dérivant de conflits
intérieurs en relation avec les périodes
sensibles
sont
passagers, comme est passagère la période
sensible ;
ils
ne laissent pas de traces dans le caractère.
Les caprices de la période sensible sont
l'expression
extérieure de besoins insatisfaits ; ils
constituent de
véritables avertissements d'une situation fausse, d'un
danger ;
ils disparaissent immédiatement, quand il est possible de
les
comprendre
et de les satisfaire.
On
pourrait comparer l'incarnation et les périodes sensibles
à une échappée sur le travail intime
de
l'âme en voie de formation,
par laquelle on entrevoit des organes
intérieurs en train d'élaborer
la croissance psychique de
l'enfant.
Elles sont la preuve que le développement psychique ne
survient pas au hasard,
qu'il n'a pas ses origines dans les stimilants
du monde extérieur,
qu'il ne s'édifie pas sur place,
mais
qu'il est guidé par les sensibilités
passagères
qui président à l'acquisition des
différents
caractères.
Quand il est dans une période sensible, c'est
comme si une lumière, émanant de lui,
éclairait
seulement certaines choses sans éclairer les autres.
Et dans les
premières seules réside son univers...
Mais il ne s'agit
pas simplement
d'un désir intense de se trouver dans certaines
situations,
de n'absorber que certains éléments ;
il
existe chez l'enfant une faculté toute spéciale,
unique,
de profiter de ces périodes pour croître.
C'est pendant la
période sensible qu'il fait ses acquisitions psychiques,
comme
celle, par exemple, de se diriger dans le monde extérieur ;
ou
bien encore, il devient capable
d'animer de façon plus
délicate ses instruments moteurs.
La clef qui peut nous
introduire dans le monde mystérieux où
l'embryon
spirituel accomplit le miracle de sa
croissance,
se trouve
dans ces
rapports sensibles entre l'enfant et l'ambiance.
Nous pouvons nous
représenter cette merveilleuse activité
créatrice
comme une série de vives émotions surgissant du
subconscient,
et qui construisent la conscience de l'homme au contact
de l'ambiance,
elles partent de la confusion pour aller à la
distinction, puis à la création de
l'activité.
Et
c'est pour cela que tout se passe calmement,
quand l'ambiance
extérieure correspond suffisamment aux besoins
intérieurs,
la seule chose qui puisse nous faire
apprécier de l'extérieur l'état
sensible de
l'enfant, c'est son sourire, sa joie manifeste...
Ce
sont, nous disons bien, des preuves positives de la
sensibilité
créatrice.
Les
caprices sont l'expression d'une perturbation
intérieure,
d'un besoin
insatisfait, à l'état
aigu.
Ils
représentent une tentative de l'âme pour
réclamer ; pour se défendre.
Ils se
manifestent par un
moment d'activité inutile et
désordonnée
qui se
pourrait comparer, sur le plan physique,
à
de hautes
fièvres qui s'abattent brusquement sur les enfants,
sans qu'une
cause pathologique proportionnée y corresponde.
On a toujours
constaté ces réactions ; de fait, les caprices de
l'enfant
qui se présentent presque dés sa naissance ont
été considérés
comme une preuve de la
perversité innée du genre humain.
Or, si chaque
altération des fonctions est considéré
comme une
maladie fonctionnelle,
il nous faut aussi appeler maladies
fonctionnelles les altérations
qui ont trait à la vie
psychique.
Les premiers caprices de l'enfant sont les premières
maladies de l'âme.
L'affirmation
est certes un peu surprenante, mais non pas absurde.
L'adulte n'a eu
connaissance que des maladies de l'âme enfantine et non de sa
santé : l'âme saine est
restée
ignorée,
comme toutes les énergies de l'univers qui
n'étaient pas
encore découvertes.
S'il en est ainsi, si l'enfant sain demeure
dans le secret des énergies cachées,
et que la vie
psychique se développe
sur un fond de
déséquilibres fonctionnels et de maladies,
il nous faut
réfléchir à toutes les
déformations qui,
nécessairement en découlent.
Un
semblable tableau doit se présenter à nous qui
n'avons
aucune hygiène psychique
à donner à l'enfant ;
rien de préparé dans notre ambiance pour le
protéger,
pour le sauver.
Nous ignorons jusqu'à
l'existence de ses fonctions secrètes
qu'anime le désir
de créer une harmonie spirituelle. La mort partout !
L'intelligence
de l'homme ne sort de rien :
elle s'édifie sur les fondations
élaborées par l'enfant pendant ses
périodes
sensibles.
Ces
accés de sensibilité, nous les nommons
"périodes
sensibles".
A un moment donné, ces périodes sensibles
prennent fin
et si un comportement n'est pas parfaitement acquis au
cours de ces périodes,
il restera toujours imparfaitement
développé.
Si l'enfant n'a pas la possibilité de
faire usage de son intelligence, elle s'atrophie.
C'est pourquoi
j'affirme que ce n'est pas une mince affaire
que de mettre en place un
type d'éducation apte à favoriser
le développement
de l'humanité.
Les enfants sont normaux dans la mesure où
ils peuvent se livrer aux activités
caractéristiques de
leur âge et tout enfant qui ne peut le faire devient anormal.
La
vie se divise en périodes bien distinctes.
Chaque période
développe des propriétés
différentes
dont
la construction est guidée par les lois de la nature.
Si ces
lois ne sont pas respectées,
la construction de l'individu
peut-être anormale voire monstrueuse.
Mais si l'on y veille,
avec
le souci de découvrir et de conforter les lois du
développement,
alors peuvent se manifester des caractères
encore inconnus
et surprenants dans lesquels on pourra progressivement
entrevoir
les fonctions internes mystérieuses qui dirigent la
création psychique de l'homme.
Dans notre
civilisation actuelle,
l'un
des danger les plus menaçants est
d'aller, dans
l'éducation de l'enfant,
à
l'encontre des lois de son
développement et de l'étouffer ou de le
déformer
du fait des
erreurs des préjugés courants.
Maria Montessori (
1870-1952 )
( calendrier de formation à la "méthode montessori"
2009/2010 )
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Déclaration
des droits de l'enfant
20 novembre 1959

Préambule
Considérant que,
dans la
Charte,
les peuples
des Nations unies
ont proclamé à nouveau leur
foi dans les droits fondamentaux de l'homme et dans la
dignité
et la
valeur
de la personne humaine,
et qu'ils se sont déclarés résolus
à favoriser
le progrès social
et à instaurer de meilleures
conditions de vie dans une liberté plus grande,
Considérant que,
dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, les
Nations
unies ont proclamé que chacun peut se prévaloir
de tous les droits
et de toutes les libertés qui y sont
énoncés, sans distinction
aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de
religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine
nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre
situation,

Considérant
que l'enfant, en
raison de son manque de maturité physique et intellectuelle,
a
besoin d'une protection spéciale et de soins
spéciaux, notamment
d'une protection juridique appropriée, avant comme
après la
naissance,

Considérant
que la nécessité de cette protection
spéciale a été
énoncée dans la Déclaration de
Genève de 1924
sur les droits de l'enfant et reconnue dans la Déclaration
universelle des droits de l'homme ainsi que dans les statuts des
institutions spécialisées et des organisations
internationales qui
se consacrent au bien-être de l'enfance,

Considérant
que
l'humanité se doit de donner à l'enfant le
meilleur d'elle-même,
 
L'Assemblée
générale
Proclame
la présente Déclaration des droits de l'enfant
afin qu'il ait une
enfance heureuse et bénéficie, dans son
intérêt comme dans
l'intérêt de la société, des
droits et libertés qui y sont
énoncés; elle invite les parents, les hommes et
les femmes à titre
individuel, ainsi que les organisations
bénévoles, les autorités
locales et les gouvernements nationaux a reconnaître ces
droits et à
s'efforcer d'en assurer le respect au moyen de mesures
législatives
et autres adoptées progressivement en application des
principes
suivants :





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